Soraya Belkhir, le paysage comme mémoire
Entre photographie argentique et installation, la plasticienne marseillaise interroge ce que les paysages méditerranéens portent du temps long.
Soraya Belkhir vit à la Belle de Mai, à Marseille, dans un appartement-atelier où les tirages sèchent au-dessus de la baignoire. « C'est la seule pièce sans fenêtre, dit-elle. C'est devenu ma chambre noire. »
Depuis cinq ans, elle photographie en argentique des paysages méditerranéens marqués par l'eau, le feu, l'oubli. Pas de prouesse technique : un format moyen, une lumière de fin de journée, des temps de pose longs.
Sa série en cours, Lits, documente d'anciens lits de rivière à sec en Provence et en Cévennes. « Ces paysages portent une mémoire de l'eau. Quand on les regarde longtemps, on voit qu'ils attendent. »
Elle anime depuis 2024 la résidence d'arts visuels que le réseau organise chaque été à Saint-Jean-du-Gard. « Je n'enseigne rien. Je propose un cadre. Les artistes arrivent avec leur matériel, on travaille en silence le matin, on partage le soir. »
Sa rencontre avec le réseau s'est faite par le pilier écriture, paradoxalement. « J'avais publié un texte dans la revue d'une amie. Quelqu'un m'a contactée pour les Tribunes. Le mélange des disciplines, ça m'a tout de suite parlé. »
Elle prépare une exposition pour 2027, qui se tiendra simultanément dans trois villes du réseau. Premier indice : un format double, photographie et écriture, en miroir.
