Studio Éclat : quand le cirque entre en résonance avec les arts visuels
Fondé par deux acrobates passionnés de peinture, le Studio Éclat crée des spectacles où le corps en mouvement dialogue avec l'installation visuelle. Portrait d'un collectif singulier.
Il faut voir la façon dont Naïma et Théo s'expliquent pour comprendre que leur collaboration n'est pas un hasard esthétique — c'est une nécessité. Naïma, ancienne acrobate de haut niveau reconvertie dans les arts du cirque contemporain, a rencontré Théo lors d'une résidence commune dans un ancien entrepôt de Montreuil. Lui était là pour peindre. Elle pour répéter. Deux semaines plus tard, ils avaient décidé de travailler ensemble.
« Ce qui nous a réunis, c'est une question commune : qu'est-ce que le corps peint dans l'espace ? Moi j'écris avec la peinture sur la toile. Naïma écrit avec son corps dans l'air. On s'est rendu compte qu'on posait la même question depuis deux endroits différents. »
Leur premier spectacle, *Traces*, présenté à Bagnolet en 2024, mettait en scène deux acrobates évoluant autour et sur des toiles en cours de création. Au fil du spectacle, les chutes, les passages, les empreintes laissaient des marques sur les toiles — qui devenaient, à la fin, des œuvres exposées.
« Les gens ne savaient pas s'ils regardaient un spectacle ou une performance artistique. Et ça, c'est exactement ce qu'on voulait. La catégorie, c'est le problème de celui qui programme. Nous, notre question, c'était : est-ce que ça tient ensemble ? Est-ce que ça raconte quelque chose de vrai ? »
Le Studio Éclat travaille actuellement sur sa prochaine création, une pièce pour quatre interprètes mêlant installation sonore et acrobatie aérienne. La création est prévue pour l'automne 2026, avec une tournée en Provence et dans le Grand Est.
Membres d'Artistiquement Tous depuis leur fondation, Naïma et Théo voient le réseau comme un filet de sécurité autant que comme un espace de rencontres. « Sans la communauté, on aurait mis deux fois plus de temps à trouver nos partenaires de diffusion. Et surtout, on n'aurait pas eu ces conversations avec des musiciens, des auteurs, qui ont changé notre regard sur notre propre travail. »
